dimanche 30 septembre 2012

05- DEFISCALISATION OU DEFRICALISATION, le livre de Claudy Giroz

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L’Auteure : pour certains, elle est « la Dame de Haute-Savoie » pour d’autres, « Dame courage » ...pour tous, elle est Claudy Giroz fondatrice de l’ADIM : association de défense des consommateurs abusés et ruinés par des « Marchands de défiscalisations ».
Sollicitée de jour comme de nuit, sans ménager sa peine et son temps, elle a aidé des milliers d’investisseurs désespérés, au bord du suicide.
Elle a dénoncé haut et fort les pratiques délictueuses et sectaires du promoteur avec lequel elle travaillait et les dérives de la défiscalisation en général. Elle s’est attiré ainsi la foudre des « Marchands du Temple » et de certains de leurs « faux conseillers » œuvrant dans un cadre illégal pour s’enrichir, aux dépens d’investisseurs confiants.
Pour la faire taire coûte que coûte, tout a été mis en œuvre :
   Un acharnement procédural effrayant.
   Des agressions troublantes ont suivi des menaces de mort à son encontre.
   Les pièces à charge (3700 pages) étayant sa plainte pénale pour escroquerie se sont volatilisées dans les couloirs du TGI de Toulouse, fief du lobby défiscalisant...
Elle a du faire une grève de la faim pendant 20 jours pour se faire entendre des pouvoirs publics.
Au péril de sa vie, elle défie toujours ces molosses de la défiscalisation et continue de dénoncer leurs malversations... « Malmenée mais toujours sur le ring ! »
Grâce à son action, la justice, effarée, commence à ouvrir les yeux sur la VERITE. Les investisseurs commencent à recevoir des jugements positifs en nullité de vente pour dol, en réduction de prix, en dommages et intérêts pour défaut de conseil.
Pour son honnêteté, sa pugnacité, son courage, son abnégation et son altruisme dans ce combat inégal, cette défenderesse d’une noble et juste cause mérite une médaille ...
Témoignage d'un groupe d'adhérents ADIM en collaboration avec Thierry Mahieux.



  



 
Editions Le porte-voix

vendredi 28 septembre 2012

Le livre de Claudy Giroz présenté au salon Patrimonia


DEFISCALISATION OU DEFRICALISATION

 
Le livre de Claudy Giroz, présidente de l’association ADIM,      
préfacé et présenté au salon Patrimonia le 27 et 28 Septembre 2012 par :
 
Philippe LOIZELET  Secrétaire Général de l'A.N.C.D.G.P.
 

 

l ' ANCGDP ?

 Qui sommes nous ? :

Nous nous sommes fixés l’objectif de réunir la majorité des diplômés au sein d’une association puissante et représentative, aussi bien des salariés que des indépendants, capable de faire reconnaître et de promouvoir la spécificité de notre métier et les compétences qu'il implique, tant auprès des employeurs pour les salariés des banques, compagnies d'assurance, sociétés de bourse …, que de la clientèle des salariés et des indépendants et qu’envers les Pouvoirs Publics.

Ceci est d'autant plus d’actualité que la réglementation de nos activités et le contexte juridique global rendent plus difficile l'accès et la pratique de notre métier à des non-professionnels. Il est donc indispensable de développer notre association pour rester un interlocuteur incontournable des discussions présentes et futures sur l’avenir de notre activité.

 
  
Association Nationale des Conseils Diplômés en Gestion de Patrimoine


Nos coordonnées :
Association Nationale des Conseils en Gestion de Patrimoine (A.N.C.D.G.P.)
8, place de l'Eglise - 95440 Ecouen
Tél. : 01.34.04.03.03 - Fax : 01.39.54.41.42
Courriel :
info@ancdgp.org

 
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Présentation de Patrimonia :  http://www.patrimonia.fr/



Contactez-nous
PATRIMONIA
Antony Parc 2
10, place du Général de Gaulle
BP 20156
92186 Antony Cedex
Tél.: 01 77 92 92 92

 
 

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Avis personnel d'un investisseur après lecture du livre: « Défiscalisation ou Défricalisation ».


Avis personnel d'un investisseur après lecture du livre :

 

« Défiscalisation ou Défricalisation ».

 

Ce titre ne laisse la place à aucune équivoque.

 

Ce livre, à la fois critique et riche d’enseignements, pourrait s’insérer dans les anales des dérives de l’investissement locatif défiscalisant, et dont il traite exclusivement.

 

L’auteur s’est évertuée à créer un ouvrage ambivalent destiné à tout publics, privés et professionnels.

Ce livre apporte des conseils pertinents tant au néophyte qu’à l’érudit, tant à l'investisseur ou futur investisseur qu'aux intervenants professionnels ou juridiques.

 

Il apporte aussi un éclairage très large et une aide précieuse au travail pour les professionnels, soit : banquiers, notaires, assureurs, agents immobiliers, comptables, promoteurs, CGPI (et autres conseillés habilités), juristes, avocats, magistrats, certains ministères; et à tous ceux qui peuvent être concernés de près ou de loin par les problèmes inhérents à l’immobilier locatif défiscalisant. Il énumère de nombreux conseils, aux investisseurs dans les problèmes, et des jurisprudences aux professionnels de tous secteurs.

 Accessoirement, ce manuel nous livre l’expérience de l’auteur, son intégrité, sa soif de justice, son parcours, ses conflits, ses combats, ses interventions au Sénat, ses résultats, mais aussi de nombreux témoignages, les multiples incohérences et malversations perpétrées par les diverses parties prenantes.

Aussi, textes de lois, jugements, procès en appel et en cassation, gagnés. Le lecteur pourra aussi soupçonner la volonté de l’auteur, d’interpeller tous les élus, ministères et dirigeants impliqués, de prendre en compte les problématiques des investisseurs spoliés, et que puisse être endiguée l’hécatombe de victimes, et ce, en définissant plus explicitement et sécuritairement le cadre des lois, apurant ainsi toute la filière des intervenants au dossier de la vente en VEFA de l’immobilier locatif défiscalisant.

Aussi, des propositions aux pouvoirs publics, et toutes les attitudes possibles pour sortir des problèmes

Que « les moutons noirs » disparaissent, que les professionnels honnêtes recouvrent leur dignité, et que les investisseurs soient équitablement protégés et redeviennent confiants.

 

Je ne fais aucune publicité pour ce livre sans langue de bois

et qui n'épargne aucune vérité.

 

Cependant, je le recommande vivement,

 

...comme un bréviaire de cette spécialité, spécialité qui à déjà fait couler beaucoup trop d’encre …

 

spécialité ainsi dénommée:

 

"L'immobilier locatif défiscalisé et Packagé"…

 

…galvaudé par certains professionnels irrespectueux des lois, de l'éthique de leurs professions et de leurs obligations envers les consommateurs: leurs clients

On peut commander le livre ici : http://adim.assoc.free.fr/anII/actions.php

Un livre :« Défiscalisation ou Défricalisation » publié aujourd’hui par Claudy Giroz, présidente de l’association ADIM


le 2012.09.23

« Défiscalisation ou Défricalisation »

Un livre publié aujourd’hui par Claudy Giroz, présidente de l’association ADIM

Message d’un lecteur, critique et anonyme :

Un livre aux fondations profondes et bien ancrées.
A la structure semblable aux constructions de maçon, aux murs édifiés en béton armé,
A la charpente cossue et surdimensionnée,
Une toiture bien arrimée, pouvant résister « aux vents, aux tempêtes et aux ans »,
Avec des ouvertures, de prime abord, austères par le gigantisme des pièces et du sujet,
L’accès est libre et ouvert à tout public s’y sentant auto-invité,
L’aménagement est massif et en adéquation avec l’apparence de l’édifice, vu de l’extérieur,
Son contenu dense et imposant, est destiné à l’éclairage et (ou) à l’enrichissement des connaissances des institutions, des avocats, des professionnels de secteurs publics et privés, concernés, et ce, sans prétention professorale.
La maitresse de maison, au pas alerte, à l’esprit vif présente un caractère bien trempé.

Pour avoir eut le privilège et la primeur de la lecture de cet ouvrage relatant des faits ayant forgé sont expérience, je visualise avec plus de réalisme, la constitution virtuelle de ce nuage incommensurable, épais, à l’obscurité visqueuse, semblable à la projection de l’encre de sèche, et qui s’est abattu sur elle, perdurant plus 4 années à ce jour. Ce nuage incapacitant et offensif, à , semble t’il, été généré par des dragons aux apparences maléfiques, belliqueuses, procédurières et de petites vertus .

Notre hôtesse à porté ce fardeau sur ses épaules au cours de cette longue épreuve, malmenée, laissée pour compte, à quelques exceptions près, dans une solitude injuste, grâce à laquelle, au fond du gouffre, elle à rebondit avec une détermination surprenante  et une volonté remarquable.

La suivant dans son espace, qui nous pourrait paraitre austère , au grés des scènes dépeintes par elle, de ci et de là, elle nous pare les murs d’images et de tableaux colorés, avec des notes parfois gaies, parfois avec humour, parfois avec ironie, parfois inconventionnelle, parfois grinçantes….afin que, dans cette longue visite, nul ne sombre dans une somnolente monotonie …

Avec un certain détachement, en contraste avec les exactions par elle subies, sans passion ni haine, elle y parle un langage simple, en vulgarisant les termes et les appellations juridiques, une aide complaisante à l’aisance de la compréhension du visiteur néophyte que je suis.

Son style se veut personnalisé, mais simple. Il est dépouillé de toute conventionalité littéraire, se limitant à transcrire ses connaissances, son expérience acquise, avec, pour seul souhait, de transmettre le tout  et l’offrir bénéfiquement, à tout usage de bonne fins et à tout invité dépourvu.


Scène:

Les convives invitées :

Le contribuable-investisseur, redevable d’une certaine tranche d’impôt au percepteur,
L’Etat, en déficit de logement sur tout le territoire
Le législateur, qui divulgue les lois
Le promoteur qui va commercialiser un bien défiscalisant
Le vendeur qui va aller sur le terrain vendre le produit
Le constructeur qui va réaliser les biens vendus
Le Banquier qui va financer l’acquisition de l’acheteur
Le Notaire
Le Notaire procurateur
L’assureur
L’avocat plaidant
L’huissier
Le Juge

La table ronde :

Le Menu :

Apéritif : Le vendeur trinque ironiquement à la santé du « Faisan » avec son commercialisateur ainsi qu’à leurs commissions respectives.

Entrée : L’investisseur vient de signer l’engagement de la super opération de sa vie (propos du vendeur) mais aussi… d’un lourd crédit pour 20 ans, cependant aveuglément confiant, ébloui par l merveilleuse prose du flatteur : « Ne vous occupez de rien , ON s’occupe de tout »

Le plat de résistance : L’investisseur n’a, ni locataire, ni règlement
de carence locative. Ceux qui devraient êtres ses interlocuteurs, les garants d’une « bonne affaire bordée » se son mis aux abonnés absents.

Dessert : L’investisseur découvre que sont bien à été surévalué entre 40 et 70%, invendable au prix de l’acquisition et qu’il ne peut plus, cruellement, faire face à ses mensualités. La situation financière de son foyer devient alors critique.

Digestif : L’investisseur découvre que, dans bien des cas, tous les intervenants, en partie ou dans l’ensemble, étaient sournoisement complices par intérêts de rétributions constante par le volume d’affaires.

Dégrisement : L’investisseur reprenant conscience de la dure réalité doit sortir ses deniers pour ester en Justice dans l’espoir hypothétique de faire valoir ses droits

 



Chercher aussi sur le net : association ADIM ; problèmes défiscalisation...etc.
Interface7@free.fr

Tous les livres « Défiscalisation ou Défricalisation »commandés par les membres de l’ADIM partiront mercredi 26 septembre


Chers adhérents et amis,
J’ai une bonne nouvelle a vous annoncer : Tous les livres « Défiscalisation ou Défricalisation » commandés par les membres de l’ADIM partiront mercredi 26 septembre à midi et les 1700 livres gratuits envoyés aux présidents des TGI, des Cours d’Appel, de la Cour de cassation, aux DGCCRF, aux députés , aux sénateurs, au gouvernement, à différents institutionnels à quelques juges d’instruction quelques procureurs non marqués sur le livre , et les journalistes partiront jeudi 27 et vendredi 28 septembre. 200 livres seront distribués gratuitement aux intervenants et à certains participants au salon Patrimonia de Lyon le 27 et 28 septembre.
Ce n’était pas l’arlésienne mais je peux vous assurer que ce fût aux forceps !
N’hésitez pas à faire passer le message dans les réseaux sociaux et partout où vous le pouvez ... Twittez à tout va !!! Ceux qui ont commandé plusieurs livres les recevront en emballage individuel comme cela ils pourront les transférer à leurs maires ou conseillers généraux ou régionaux.
Apres lecture n’hésitez pas à l’envoyer aux procureurs de vos tribunaux respectifs et partout où vous jugerez que cela peut avoir un impact positif.
Pour ceux et celles qui étaient au courant et inquiets pour ma santé : ma paralysie est en train de se résorber. Je remercie vivement ceux qui m’ont témoigné de leur sympathie par carte postale SMS ou appel téléphonique et qui m’ont encouragé à tenir le coup.
VERITE ne pourra plus être occultée, oreilles et yeux ne pourront plus rester fermés. Les victimes maintenant vont être entendues par les pouvoirs publics.
Merci à tous pour votre aide et votre confiance.
Amicalement
Claudy

Visitez ADIM BLOG Défense des victimes de la défiscalisation à l'adresse suivante : http://adimblog.ning.com/?xg_source=msg_mes_network

Voyage dans le désert judiciaire français


 


 


 

Voyage dans le désert judiciaire français

Publié le 31 juillet 2012 par vanille95

En cette période estivale, on peut tous rêver de se rendre dans un pays où il ne pleut pas et pourquoi pas dans un désert. Saviez-vous qu’il est possible de visiter un désert judiciaire ? L’immense avantage de ce dernier est que vous ne vous ruinerez pas en frais de transport car il en existe probablement un près de chez vous. Un désert sans sable et sans animaux à bosse (quoique…) pour lequel le guide touristique reste à écrire.

Les gens « comme il faut » n’ont pas affaire à la justice… mais c’est oublier que chaque année les tribunaux civils reçoivent 1,6 millions de dossiers nouveaux. Tutelle, divorce, crédit, dossier prud’homal, problème sur un bail à usage d’habitation, conflit de voisinage,… Qui peut assurer qu’il n’aura jamais besoin de solliciter la justice ou qu’il ne sera pas impliqué dans une affaire ?

Publication initiale le 31/07/2012

La réforme de la carte judiciaire de notre pays a toujours été un dossier d’une grande complexité. Il suffit de rappeler la tentative de Poincaré en 1926 pour supprimer les tribunaux d’arrondissement sur des critères exclusivement économiques… et l’abrogation du texte en 1930.

La première grande réforme est celle que mena Michel Debré (par ordonnance donc sans solliciter le Parlement) en 1958 au terme de laquelle 2 902 justices de paix et 351 tribunaux de première instance furent transformés en 455 tribunaux d’instance (TI) et 172 tribunaux de grande instance (TGI) répartis dans les départements en fonction de leur niveau de population.

En juin 2007, Madame Dati annonça son intention de réformer une carte judiciaire qui avait subi très peu de modifications au cours du demi-siècle passé à l’exception de quelques créations de juridictions.

Il n’est venu à l’idée de personne de contester la nécessité d’une réforme. Les divergences de vue sont apparues relativement à la méthode employée par la chancellerie que beaucoup ont qualifiée de « logique comptable ».

En nombre de juridictions par habitant, la France se situait au niveau de l’Allemagne mais les ressorts territoriaux des juridictions françaises étaient deux fois plus vastes que ceux des juridictions allemandes (un tribunal pour 703 km² en France contre un tribunal pour 314 km² en Allemagne).

Il faut noter également que la répartition des juridictions sur le territoire n’était pas homogène. Exemples : Le TGI de Millau (Aveyron) était compétent pour moins de 70 000 habitants alors que celui de Paris l’était pour plus de 2 millions d’habitants. Le ressort du plus petit TI, celui de Barcelonnette (Alpes de Haute-Provence), comprenait 10 000 habitants alors que celui de Bordeaux était compétent pour 930 000 habitants.

La majorité des d’études menées au cours des 50 dernières années mettaient en évidence la nécessite de réformer la répartition des contentieux entre les juridictions avant de réformer la carte judiciaire française.

Mise en œuvre de la réforme

À l’origine, l’objectif du gouvernement était de réformer l’organisation judiciaire et la répartition des contentieux ; la modification de la carte judiciaire n’étant alors qu’une conséquence de cette réforme. En limitant la réforme à la modification des implantations judiciaires, la chancellerie s’est affranchie de la nécessité de solliciter le Parlement.

La réforme a donc été engagée au pas de charge et sans étude d’impact. Annoncée en juin 2007, elle a fait l’objet d’une « période de concertation » au cours de l’été (de juillet à septembre 2007) et deux décrets ont été publiés en février 2008.

Les critères mis en œuvre pour supprimer des juridictions ont été principalement des indicateurs d’activité sans prise en compte des bassins démographiques et d’emploi, ou des spécificités des territoires. Il fallait donc conserver les juridictions de « taille suffisante » (comme disait madame Dati)… et supprimer les autres.

La réforme en chiffres

AVANT
Suppressions
Créations
APRES
Variations
Nb total de juridictions
1242
401
15
856
Tribunaux de grande instance (TGI)
181
21
160
-11,60%
Tribunaux d’instance (TI)
476
178
7
305
-35,92%
Greffes détachés
86
85
1
-98,84%
Tribunaux de commerce (TC)
185
55
5
135
-27,03%
Tribunaux mixtes de commerce *1
7
1
8
14,29%
Conseils de prud’hommes (CPH)
271
62
1
210
-22,51%

On aurait pourtant pu s’y prendre autrement…

On aurait pu se pencher au préalable sur la répartition des contentieux entre les différentes juridictions en visant notamment à une clarification et à une simplification de la compétence des juridictions de première instance.

Rappelons en effet que le tribunal d’instance (TI) a en charge ce que l’on a l’habitude d’appeler le « contentieux de proximité » : crédit, surendettement, protection juridique des majeurs, injonction de payer, litiges de faible montant, baux d’habitation,… pour lequel les parties ne sont pas obligées de recourir aux services d’un avocat.

Devant le TGI, qui reste compétent notamment en matière de contentieux familial (autorité parentale, révision de la pension alimentaire,…), chaque requête oblige les parties à se présenter devant le juge du TGI ou à se faire représenter par un avocat.

Cette répartition des compétences reste parfois un peu obscure pour le justiciable.

Dans les études menées au cours des décennies passées, on pouvait remarquer une proposition tendant à créer un « guichet unique de greffe » qui permettait au justiciable d’effectuer, dans son ressort judiciaire, l’ensemble des démarches auprès de la juridiction la plus proche de son domicile ; ce guichet unique se chargeant ensuite de transmettre la requête au tribunal compétent. Cette proposition n’a hélas pas été suivie d’effets.

On aurait pu aussi établir des critères pertinents pour évaluer la charge de travail des tribunaux au lieu de s’en tenir au départ à des niveaux d’activités (nombre d’affaires) ; niveaux d’activités qui ont ensuite été panachés à d’autres critères que les parties en présence ont parfois jugés pour le moins opaques. Comme on le verra plus loin, le maillage des transports et les spécificités naturelles et géographiques n’ont pas toujours été pris en compte… au point qu’environ 200 recours devant le Conseil d’État ont été présentés contre les décrets qui ont mis en œuvre la réforme.

On aurait pu prendre en compte toutes les réformes initiées en parallèle de celle relative à la refonte de la carte judiciaire afin d’évaluer leur incidence sur la charge de travail des différentes juridictions. On peut citer parmi ces réformes celles relatives à la dématérialisation des procédures, à la réforme de la garde à vue, à l’expérimentation des jurés en correctionnelle,…

On peut également citer la réforme du crédit à la consommation qui élève le plafond des prêts soumis à ce dispositif à 75.000 € en vertu d’une directive CEE d’avril 2008 qui était en cours d’étude lors de la réforme de la carte judiciaire (même si la transposition en droit français de ce texte n’est intervenue qu’en juillet 2010). Le TI est compétent pour ces prêts quel que soit leur montant ; en augmentant leur plafond de 21 500 € à 75 000 €, on accroît le nombre de litiges susceptibles d’être tranchés par le TI.

On aurait pu tenter de coordonner la compétence géographique des juridictions avec la carte administrative de la France. On aurait ainsi peut-être réussi à mettre fin aux discordances existant entre le ressort des 36 cours d’appel et les 22 régions administratives.

Les cours d’appel n’ont pas été concernées par la réforme alors que la question de la proximité de la justice y est bien moins forte que pour les tribunaux de première instance (TI, TGI, TC, CPH,…).

Un exemple caractéristique est celui de la cour d’appel de Reims dont le ressort relève, pour l’administration pénitentiaire, de la direction interrégionale située à Dijon, pour la protection judiciaire de la jeunesse, de la direction interrégionale située à Orléans, pour la juridiction interrégionale spécialisée, de la cour d’appel de Douai et pour la police judiciaire, de la direction interrégionale de Strasbourg. Ça ne s’invente pas… et la réforme de 2008 n’y a rien changé.

On aurait pu aussi, comme il est d’usage lorsqu’une réforme emprunte la voie parlementaire, affiner les coûts prévisibles d’une telle réforme qui était censée permettre de substantielles économies.

De nombreuses juridictions de première instance étaient hébergées à titre gratuit par la commune ou le Conseil général. Lorsqu’elles ont dû déménager pour fusionner avec une autre juridiction (ou plusieurs), il a fallu louer de nouveaux locaux et les aménager. Ces frais s’élèvent à environ 340 millions d’euros. Dans certaines juridictions, des travaux venaient d’être terminés juste avant la réforme et les locaux rénovés ont été abandonnés.

Cette réforme a également eu un « coût social » de près de 18 millions d’euros car il a été nécessaire d’accompagner les magistrats et les fonctionnaires dans leur migration (aide au relogement, à la mobilité du conjoint,…)

Il a également été nécessaire de dédommager les avocats inscrits auprès des 21 TGI supprimés pour un peu plus de 20 millions d’euros. Conserver un cabinet dans une ville qui n’a plus de TGI risquait de générer pour eux d’importants frais de transport. Transférer leur cabinet au siège du nouveau TGI pouvait aussi coûter dans en cas de licenciement du personnel non mobile. Disposer d’un cabinet principal et d’un cabinet secondaire, dans les deux ressorts est aussi source de frais.

On aurait pu tenter d’anticiper les incidences de la réforme sur les délais de traitement des affaires d’autant que certaines juridictions étaient déjà débordées. Quelques éléments chiffrés sur le pourcentage des juridictions présentant des retards de traitement :

2008
2009
2010
2011
TI délais > à 5,5 mois
22%
35%
43%
35%
TGI délais > à 7,5 mois
27,1%
44%
38%
32%

Signalons également le cas du TI de Bordeaux (le TI le plus actif de France avec 11.000 nouvelles affaires en 2008) qui a absorbé 3 TI de Gironde (Lesparre-Médoc, La Réole et Bazas) en augmentant sa charge de 10%.

On aurait pu mettre au cœur de la réforme l’accès à la justice pour tous… mais on a fait autrement. Les juridictions n’ayant pas atteint une « taille suffisante » ont été supprimées ; les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) étant censées suppléer l’absence de justice de proximité au même titre que les maisons de la justice et du droit (MJD) et les « points d’accès au droit » même si nous savons tous que ces dispositifs ne sont pas implantés sur tout le territoire.

Lors de la présentation de la réforme de la carte judiciaire, les audiences foraines (possibilité pour les juridictions de tenir des audiences en dehors de la commune où elles ont leur siège et en toute matière) semblaient représenter une solution pour faire face à l’éloignement de la nouvelle juridiction par rapport à celle qui était supprimée. Mais les audiences foraines sont contraignantes en termes d’organisation (déplacement des magistrats et greffiers, outils informatiques, dispositifs de sécurité,…) ; c’est pourquoi il y en a si peu. Il en existe encore à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) en matière familiale (hors divorce) deux fois par mois.

Proposition de circuit dans les zones désertiques

Il est communément admis que les déserts judiciaires sont des territoires peuplés dans lesquels la première implantation judiciaire est à plus de 100 kilomètres mais le kilométrage n’est pas le seul critère à prendre en compte ; l’absence de transports en commun et/ou la qualité des voies de circulation sont aussi des éléments essentiels.

Commençons par la Champagne où les TI de Bar-sur-Seine et Bar-sur-Aube ont été supprimés. Rendons-nous à Bar-sur-Aube et tentons de rejoindre Troyes (les deux villes étant distantes de 57 kilomètres) où se situent le TI et le TGI. Il est conseillé d’être bien organisé et il faut souhaiter que l’audience ne soit pas trop matinale car le premier train qui relie ces deux villes en 45 minutes est à 8h53 (le suivant à 11h26). On peut aussi faire le voyage en bus mais c’est plus long (1h10).

Dans le cas où nous choisissons d’aller de Bar-sur-Seine à Troyes (les deux villes étant séparées par 33 kilomètres), il est prudent de disposer d’un véhicule personnel puisqu’il n’y a que 4 bus par jour qui relient les deux villes en une heure.

La situation n’est pas meilleure dans le centre de la France. Le TI d’Ussel ayant été supprimé, il faut maintenant aller plaider à Brive-la-Gaillarde. On peut parcourir les 99 kilomètres qui séparent les deux cités en prenant le train de 8h45 (le suivant est à 12h14). Le trajet s’effectue en près de 2 heures. Là aussi, il faut espérer que l’audience aura lieu après déjeuner (à défaut, il faut partir la veille). Pour le retour, il faut aussi s’organiser et souhaiter que le magistrat n’ait pas beaucoup d’affaires à traiter car l’objectif est de prendre le train du retour à 17h13 (au pire celui de 18h27). Le dernier train partant de Brive est à 19h03 et arrive à Ussel… 4h10 après.

Le sud du Puy-de-Dôme et le nord de la Haute-Loire sont également devenus des déserts judiciaires du fait de la suppression des TI d’Issoire, d’Ambert et de Brioude.

Dans le sud de la France, la situation est assez délicate du fait de la suppression du TGI de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Les plaideurs des cantons de Luchon, Montréjeau et Barbazan doivent désormais se rendre à Toulouse et parcourir entre 130 et 150 kilomètres. Les Luchonnais (habitants de Bagnères-de-Luchon) doivent ainsi effectuer 145 kilomètres en bus et train, en partant à 9h36… pour arriver à 12h29.

N’oublions pas non plus les justiciables de Saint-Pons-de-Thomières (Hérault), dont le TI a disparu, qui doivent se rendre à Béziers en 1h15 par le bus puisqu’il n’y a pas de train sur ce trajet.

Quant à la Bretagne, ses seules implantations judiciaires sont littorales depuis la suppression des TI de Loudéac, Pontivy et Ploërmel. La Bretagne intérieure est devenue un désert judiciaire ; seule la ville de Rennes a conservé ses implantations.

Nous terminerons ce circuit par la Corse du sud et l’interminable voyage qui permet de relier Sartène (dont le TI a disparu) à Ajaccio. 82 kilomètres de route qu’il est impossible de parcourir en moins de 1h20 en voiture et 2 heures en bus. Dans cette région aussi, nous recommandons la prudence car il n’y a que 4 bus par jour et il est impossible d’être à Ajaccio avant 10h le matin sauf à partir la veille (et c’est sans parler du coût prohibitif du ticket de bus dans cette région).

Pour ceux qui penseraient que seule la province a été touchée par cette désertification judicaire, je me permets d’ajouter qu’en Île-de-France, en Seine-et-Marne, la suppression du TI de Coulommiers oblige les habitants de l’est du département à se rendre à Meaux en parcourant parfois plus de 50 kilomètres en voiture car il n’y a ni train ni bus.

Tous les temps de trajet mentionnés ci-dessus le sont à titre indicatif… et par beau temps.

Pour connaître le sort réservé à votre région, vous pouvez consulter la carte de la page 150 du rapport rédigé par les sénateurs Nicole BORVO COHEN-SEAT et Yves DÉTRAIGNE.

Pour savoir si votre village se situe dans un désert judiciaire, vous pouvez saisir son nom ici

Tous les chiffres sont issus du rapport lui-même (sauf les temps de transport et les horaires des trains).

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(*1) Le tribunal mixte de commerce a les mêmes compétences que le tribunal de commerce. Le tribunal mixte comprend des juges élus mais, contrairement au tribunal de commerce, il est présidé par un magistrat. Il y a des tribunaux mixtes de commerce en Alsace et Moselle, en Guadeloupe, Martinique, Guyane, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, à Mayotte, à La réunion et à Wallis-et-Futuna.

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2 réponses à Voyage dans le désert judiciaire français

1.    Vivien dit :

Comme toujours notre amie Vanille produit un aricle très intéressant, détaillé et donnant matière à réflexion, qui nous fait regretter sa longue absence (7 mois) sur le forum.
La suppression de nombreux tribunaux a aussi pour conséquence, me semble-t-il, une perte de temps pour les avocats qui passent dans les « salles des pas perdus » de longues heures à attendre que l’affaire soit appelée. Et pendant qu’ils attendent, il leur est difficile de faire autre chose. Ce qui allonge le temps de traitement des autres dossiers et ainisi de suite….
Cdt.